Anne-Sophie Delene
Chiropracteur à Chambéry

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Les masseurs-kinésithérapeutes dénoncent le nouveau référentiel de formation des chiropracteurs. De son côté, Philippe Fleuriau, président de l'Association française de chiropraxie, ne comprend pas cette levée de bouclier. Il se demande comment 1 400 chiropracteurs pourraient concurrencer 90 000 masseurs-kinésithérapeutes.

L'arrêté du 13 février sur la formation en chiropraxie est soumis à une double lecture. D'un côté, les principales organisations représentant les masseurs-kinésithérapeutes le dénoncent, demandant dans un communiqué du 24 mai à la ministre des Solidarités et de la Santé le retrait des annexes. Ils estiment que ces textes "confèrent aux détenteurs du titre de chiropracteur la possibilité d'acquérir une grande partie du champ des compétences des kinésithérapeutes". De l'autre, l'Association française de chiropraxie (AFC), unique instance nationale de représentation, et l'Institut franco-européen de chiropraxie a salué dans un communiqué d'avril dernier, la reconnaissance dans l'Hexagone d'une "formation de haut niveau encadrée par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur". Cette formation de chiropracteur (master) comprend 300 ECTS (pour european credits transfer system) et cinq ans d'enseignement.

La chiropraxie reconnue internationalement

Contacté par Hospimedia, Philippe Fleuriau, président de l'AFC — participant actuellement à Budapest (Hongrie) au congrès des chiropracteurs européens — déclare ne pas comprendre la levée de bouclier des masseurs-kinésithérapeutes français. "La chiropraxie est loin d'être une discipline infondée." Elle est reconnue internationalement et réglementairement. Les chiropracteurs se positionnent même comme les leaders de la recherche sur les troubles musculo-squelettiques avec des centres situés au Danemark ou au Canada qui travaillent en pluridisciplinarité.

Nous devons partager notre savoir et non le capter, comme le redoutent certains masseurs-kinésithérapeutes
Philippe Fleuriau, président de l'AFC

En ce qui concerne le fait que les chiropracteurs ne font pas partie des professionnels de santé, le président de l'AFC indique que cela aurait été un choix opéré il y a quelques années par le ministère de la Santé. Toutefois, tous les chiropracteurs sont inscrits à l'ARS et doivent avoir un numéro Adeli pour exercer et bénéficier d'une couverture assurantielle. Il déclare que "l'AFC avait réclamé ce positionnement mais l'ordre des kinésithérapeutes s'y est toujours opposé. Il ne peut pas aujourd'hui nous reprocher de ne pas être considérés comme des professionnels de santé en France, d'autant plus que nous sommes prêts à passer le pas. Et si l'AFC n'est pas une organisation ordinale, cela ne l'empêche pas d'avoir écrit un code de déontologie."

Une profession à part

Par ailleurs, il rappelle que les chiropracteurs sont habilités à recevoir des patients sans avis médical, ce qui n'est pas le cas des masseurs-kinésithérapeutes. "Nous sommes aussi la seule profession non médicale autorisée à faire des manipulations vertébrales au sens strict du terme. Les kinésithérapeutes n'ont pas ce droit et semble avoir du mal à l'accepter." Le décret définissant les actes et les conditions d'exercice de la chiropraxie date de 2011 et avait déjà à l'époque été contesté par l'Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes. Pour le président de l'AFC, il n'y a pas de confusion possible entre les deux métiers. Dans le référentiel de formation attaqué, il reconnaît qu'il est question de réhabilitation fonctionnelle mais il s'agit du sens général du terme. "Si demain je reçois un patient, pour pouvoir l'orienter vers un kinésithérapeute, il est indispensable que je possède des connaissances de base afin de décider ce qui est le mieux pour lui dans le cadre d'une prise en charge intégrative. Nous devons partager notre savoir et non le capter, comme le redoutent certains masseurs-kinésithérapeutes."

Je suis pour le dialogue et la pluridisciplinarité avec l'objectif de travailler ensemble pour le bien-être des patients
Philippe Fleuriau, président de l'AFC

Quant à la notion de concurrence, il souligne qu'il n'existe qu'une seule école de chiropracteurs en France possédant deux sites, l'un à Paris (Île-de-France), l'autre à Toulouse (Haute-Garonne) avec 200 diplômés par an. Il estime le nombre des chiropracteurs français en exercice à environ 1 400 et se demande comment, dans ces conditions, ils pourraient prendre le travail des 90 000 masseurs-kinésithérapeutes. Il se dit aussi prêt, si on l'invite, à discuter de tout cela avec les représentants des masseurs-kinésithérapeutes : "Je suis pour le dialogue et la pluridisciplinarité avec l'objectif de travailler ensemble pour le bien-être des patients."


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